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Exposition

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Portrait de André Desbordes

Portrait d'André Desbordes au verso de la page de titre de son ouvrage: Discours de la theorie de la pratique et de l'excellence des armes.
Ce portrait est attribué à Jean Appier.

André Desbordes ou La roche Tarpéienne est proche du Capitole

Le personnage est peu connu en dehors des frontières lorraines, cependant, le sort qui fut le sien retient notre attention, davantage même, notre compassion. On trouve quelques traces de son histoire à travers les archives mais un témoignage unique de son art subsiste dans les collections de la BmN . Il s'agit d'un ouvrage imprimé, humble cartonnage in-quarto recouvert de tissu vert et bordé de papier bleu : le Discours de la theorie de la pratique et de l'excellence des armes, par le Sieur Des-Bordes. A Nancy, Par Blaise Andre, Imprimeur ordinaire de Son Altesse, 1610 (cote Rés. 10 302).

Un unicum

Ce rarissime traité est consacré au noble art de l’escrime : en fait, l’ouvrage est aujourd’hui un unicum, c’est-à-dire une édition dont on ne connaît qu’un seul exemplaire ! Dans le texte qu'il consacre à Desbordes, Olivier Dupuis cite deux exemplaires mais, outre l'exemplaire nancéien, le second est une copie manuscrite.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce fait mais, en l’occurrence, une hypothèse peut être avancée, étayée par la biographie de l’auteur de ce discours. L’hypothèse est celle du brûlement de la totalité des exemplaires. Dans quelles circonstances ?

Un esprit libre

André Desbordes, de son vrai nom Abraham Racinot, est né en Lorraine en 1582. Après s’être formé à l’art de l’escrime en Italie, il revient dans sa patrie et se rapproche de la cour de Lorraine. Il gagne la faveur du duc Henri II, obtient nombre de privilèges et occupe successivement différentes fonctions auprès du son protecteur. Cette faveur ne durera pas : Desbordes a osé critiquer le mariage de la fille d'Henri II et soutenir un de ses amis qui pouvait y prétendre. Dès lors, tout prétexte est bon pour éloigner ce gêneur : une accusation en sorcellerie sera la solution. Desbordes sera torturé, étranglé et finalement brûlé après le verdict du 28 janvier 1625. Les exemplaires de son livre, certainement édité en très petit nombre, ont probablement été brûlés avec lui.

Une gravure a été collée dans le livre : c'est l'unique portrait connu d'André Desbordes : gravé par Jean Appier en 1610, peu de temps après son anoblissement, il montre un jeune homme de 28 ans richement vêtu et la devise qui l'accompagne nous invite à conserver au fond de nos cœurs son souvenir.