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Exposition

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Lettre ornée "E" (vêpres de la fête de saint François)

Lettre ornée "E"
Antiphonaire à l'usage des Frères Mineurs de Nancy.
ms. 427

Permanence de l’enluminure

Enluminure : le terme à lui seul est d’une grande richesse d’évocation. Nul besoin d’en connaître les techniques ou les styles pour en apprécier la variété. Miniature en pleine page ou tableautin, bandeau, bordure, lettrine rubriquée, filigranée, grotesque, historiée, bouts de lignes ou cartouches aux volutes sans nombre, leurs richesse est infinie. Depuis le Moyen Âge, et même dès avant, l’ornementation des manuscrits, par le trait ou la peinture, a contribué à faire des textes, quel que soit leur nature, des objets de curiosité, tant pour la science que pour l’agrément du lecteur.
Illustrative ou simplement ornementale, l’enluminure confère au texte qu’elle émaille une dimension supérieure, comme un supplément d’âme mêlant art et plaisir de l’œil. Cette dimension est d’une importance capitale dans la conservation et la transmission des textes ; elle trouvera bien entendu une expression particulière à la Renaissance. En effet, si depuis l’invention de la typographie la production des textes s’est mécanisée, il n’en faut pas déduire que l’ornementation peinte à la main disparaît ipso facto. Le manuscrit lui-même ne disparaît pas. Ainsi, le papier n’a pas fait disparaître immédiatement le parchemin, le caractère mobile coexiste avec la plume du scribe ou du calligraphe et l’art de la gravure, sur bois, puis sur métal, laisse encore une place aux enlumineurs, peintres ou historieurs.

De l'enluminure lorraine au temps de l'imprimé

On verra nombre d’exemples de cette subsistance à travers le manuscrit de Jean d’Aucy, Epitome des Gestes des soixantes (sic) trois Ducz de Lorraine, l’Armorial de Nicolas de Lutzelbourg, le Livre de prières de Madeleine d'Azay, les Heures de Notre-Dame  à l'usage de Toulde Notre-Dame de Pitié à l’usage de Toul,  le Livre d'Heures de la famille Des Fours, l’Antiphonaire à l'usage des Frères Mineurs de Nancy (détails du manuscrit), Le blason de l'escu de Lorraine du héraut Emond du Boullay, ou encore avec La Cosmographie de Ptolemée (détail des cartes).
Ces exemples, et d’autres encore, montrent qu’en matière d’illustration,  la transition entre le manuscrit et l’imprimé s’est opérée sans rupture, préservant quelques temps encore, des techniques et un art,  au nom d’intérêts économiques, esthétiques et peut-être aussi en raison d’une conception médiévale qui plaçait les productions de la main de l’homme au-dessus de celles issues des arts mécaniques.